Malgré l’incarcération de leurs maris pour financement de gangs, deux femmes ont obtenu des postes diplomatiques, illustrant la mainmise persistante des réseaux criminels sur l’État.
Alors qu’il est emprisonné pour financement de gangs et visé par des sanctions internationales (États-Unis, Royaume-Uni, ONU), Victor Prophane est parvenu à faire nommer son épouse, Sherly J. Lismé, au poste de consule au Suriname.
La décision, officiellement signée par le ministre Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste et validée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, suscite l’indignation.
Ce cas, qualifié par plusieurs observateurs de « capture de l’État », n’est pourtant pas isolé.
C’est désormais Nenel Cassy, également sanctionné par les États-Unis et le Canada et précédemment arrêté pour les mêmes faits, qui voit son épouse, Katherine Cassy Chéry, nommée responsable de la délivrance des passeports en République dominicaine.
Ces nominations controversées illustrent l’infiltration des réseaux criminels au plus haut niveau de l’appareil étatique haïtien. Elles révèlent un système où les alliances claniques semblent primer sur la sécurité nationale et la crédibilité internationale, donnant l’image d’une diplomatie de plus en plus instrumentalisée par des acteurs liés à l’instabilité qui gangrène le pays.




