Lors de son intervention devant l’OEA cette semaine, la ministre haïtienne des Affaires étrangères a déclaré que « dans les heures qui ont immédiatement suivi l’attaque », les autorités chargées de la sécurité s’étaient réunies et avaient intensifié leurs opérations contre les groupes armés. Raina Forbin a également assuré que la situation à Kenscoff était sous contrôle.
Ces déclarations interviennent alors que la violence armée continue de susciter une profonde inquiétude au sein de la population, et que les victimes et les communautés touchées réclament une réponse plus efficace de la part des autorités.
Pour les détracteurs de la ministre, affirmer que la situation à Kenscoff est sous contrôle dans un tel contexte risque de saper davantage la crédibilité du message du gouvernement. Ils estiment qu’en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin se doit d’adopter une position particulièrement prudente sur la scène internationale, une position qui reflète la réalité vécue par le peuple haïtien.
Dans une déclaration particulièrement critique, ses détracteurs affirment que chaque déclaration de la ministre — censée refléter la position du gouvernement haïtien — se transforme au contraire en « désastre médiatique ». Ils lui reprochent notamment d’avoir présenté à l’OEA une analyse de la situation sécuritaire qui, selon eux, est en décalage avec les réalités du terrain.
La polémique dépasse ainsi la simple question de compétence. Pour ses détracteurs, elle soulève également la question de la responsabilité politique et institutionnelle. Les propos d’une ministre — en particulier lorsqu’ils sont tenus devant une organisation internationale — ont en effet un impact sur l’image et la crédibilité de l’État.
Certains vont jusqu’à affirmer que ces déclarations auraient dû amener le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à envisager de démettre la ministre de ses fonctions. Ils reprochent au chef du gouvernement de maintenir en poste des responsables dont les communications, selon eux, pourraient nuire au travail et à l’image de son administration.
Les détracteurs estiment également que les propos de Raina Forbin pourraient être perçus comme un manque de considération envers les victimes des violences perpétrées par les groupes armés et envers les populations qui vivent quotidiennement dans la peur.
Cette polémique survient alors que le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé est soumis à une pression intense sur les questions de sécurité. Dans ce contexte, les déclarations des membres du pouvoir exécutif sont elles-mêmes devenues un enjeu politique majeur.
La question est désormais de savoir comment le Premier ministre va réagir. Alix Didier Fils-Aimé procédera-t-il à des remaniements au sein de son gouvernement face aux critiques adressées à certains de ses ministres, ou attendra-t-il que les manifestations populaires s’intensifient ?
Au-delà du cas de Raina Forbin, cette polémique relance le débat sur la communication gouvernementale et sur la responsabilité des autorités lorsqu’elles s’expriment sur la situation sécuritaire du pays devant des partenaires et des institutions internationales.
~ Mackendy Filderice



