Rebondissement spectaculaire dans la course au Prix Goncourt 2026. Vendredi 25 septembre, l’Académie Goncourt a annoncé le retrait de C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, auteur québécois d’origine haïtienne, de sa liste initiale de finalistes. Cette décision fait suite à plusieurs jours de polémique autour du processus d’écriture du roman, publié en France chez Grasset.
Cet ouvrage, qui figurait parmi les œuvres phares de la saison littéraire d’automne, est au cœur d’accusations de plagiat ainsi que de soupçons concernant un recours massif à l’intelligence artificielle. Des analyses menées à l’aide d’outils de détection et examinées par des chercheurs et des journalistes suggèrent qu’une grande partie du texte aurait pu être générée par l’IA. Ces conclusions ont progressivement alimenté les interrogations sur l’origine du roman et son processus d’écriture.
La polémique a éclaté sur les réseaux sociaux en début de semaine lorsqu’un compte anonyme a affirmé que le roman avait été écrit presque entièrement à l’aide de l’intelligence artificielle. La question a rapidement pris de l’ampleur, d’autant plus que le livre avait connu un succès commercial considérable et avait été sélectionné pour plusieurs prix littéraires. Il convient de noter que le roman avait remporté le Prix du roman Fnac et s’était vendu à plus de 35 000 exemplaires en France.
En réponse à ces accusations, Thélyson Orélien a fermement nié avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour produire son texte. L’auteur affirme avoir travaillé sur son roman pendant plusieurs années et insiste sur le fait qu’il n’a jamais utilisé l’IA pour rédiger ses textes. Il a également expliqué que son style — caractérisé notamment par des répétitions et une certaine musicalité avait peut-être contribué aux résultats obtenus par certains outils de détection.
L’Académie Goncourt a toutefois décidé de retirer le livre de sa liste de finalistes, invoquant les cas de plagiat récemment révélés ainsi que les analyses disponibles concernant son processus de production. L’institution a déclaré vouloir préserver l’intégrité et la crédibilité du prix, à l’heure où l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la création littéraire suscite un débat croissant dans le monde de l’édition.
Cette décision marque un tournant dans une affaire qui dépasse désormais le cas particulier de Thélyson Orélien. Elle relance également les interrogations sur le rôle de l’intelligence artificielle en littérature et sur la fiabilité des outils destinés à détecter les textes générés par l’IA. Certains chercheurs soulignent en effet les limites de ces technologies et le risque de faux positifs, notamment lorsqu’elles sont appliquées à des textes littéraires en français.
L’Académie Goncourt doit désormais poursuivre son processus de sélection sans C’était ça ou mourir. La deuxième liste des finalistes du Prix Goncourt 2026 devrait être dévoilée le 6 octobre, une nouvelle étape qui permettra de mieux cerner la course à ce prestigieux prix littéraire français.
~ Mackendy Filderice



