Le gouvernement haïtien a dépêché une équipe de juristes du Consulat général d’Haïti à Miami pour observer le procès fédéral lié à l’assassinat du président Jovenel Moïse, cinq ans après ce drame.
La décision a été prise sur instruction du ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) et du ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAEC), selon une note d’information publiée le 28 septembre par le MJSP.
Les juristes sont chargés d’observer le déroulement de la procédure devant le Tribunal fédéral du district sud de la Floride, où plusieurs personnes sont poursuivies dans le cadre de l’assassinat du président haïtien, tué le 7 juillet 2021 à son domicile à Pèlerin 5.
Cette présence intervient alors que la justice américaine a récemment accéléré les procédures dans ce dossier. Le 28 septembre, le procès de Christian Emmanuel Sanon, pasteur et homme d’affaires haïtiano-américain, s’est ouvert à Miami. Sanon, qui a plaidé non coupable, est accusé par les procureurs américains d’avoir participé à un complot visant à renverser Moïse et à prendre le pouvoir en Haïti. Il risque la prison à vie s’il est reconnu coupable.
Quelques jours auparavant, 18 suspects détenus en Haïti avaient été transférés aux États-Unis pour répondre de charges fédérales liées à l’assassinat. Parmi eux figure Joseph Félix Badio, ancien fonctionnaire haïtien présenté par les procureurs américains comme l’un des acteurs centraux du complot. Ils font partie d’un groupe de 30 personnes visées par un nouvel acte d’accusation fédéral.
La justice américaine a déjà obtenu plusieurs condamnations dans ce dossier. En mai 2026, un jury fédéral de Miami a reconnu quatre hommes coupables de leur rôle dans le complot, après un procès au cours duquel les procureurs ont présenté la Floride du Sud comme une base importante de préparation et de financement de l’opération.
En envoyant des juristes à Miami, les autorités haïtiennes entendent ainsi assurer un suivi direct d’une procédure américaine devenue centrale dans la recherche des responsables de l’assassinat de Jovenel Moïse, alors que la procédure judiciaire en Haïti reste confrontée à d’importantes difficultés.
Jacky Chéry



