Haïti s’apprêtait à vivre un moment rare : retrouver la Coupe du monde un demi-siècle après 1974.
Mais avant même le coup d’envoi, un constat s’impose : cette victoire sportive se heurte au vide diplomatique d’un État incapable d’anticiper, de négocier ou simplement de défendre l’essentiel : la présence de son peuple.
Washington a confirmé que les supporters haïtiens resteront derrière l’écran, conséquence directe de l’absence de dynamisme de la diplomatie haïtienne menée par le chancelier Jean-Victor Harvel Jean-Baptiste.
L’interdiction d’entrée, maintenue par l’administration Trump, n’est pas une surprise. Ce qui choque, c’est le déficit de stratégie pour obtenir un régime d’exception, alors même que la qualification offrait une fenêtre unique.
Les joueurs seront admis, leurs proches aussi. Mais les tribunes resteront orphelines.
Ce n’est pas seulement une décision américaine : c’est le miroir d’un État qui ne parle plus assez fort pour être entendu.
Une diplomatie proactive aurait mobilisé ses partenaires, ses diasporas, ses relais sportifs et politiques. Elle aurait transformé l’euphorie en opportunité.
Au lieu de cela, Port-au-Prince découvre le problème après coup, comme un spectateur de sa propre histoire. Et ce sont encore les Haïtiens ordinaires qui paient le prix : célébrer à distance, même lorsque le monde s’ouvre — sauf pour eux.
Le Mondial dure cinq semaines. La perte, elle, durera plus longtemps : celle d’une occasion manquée d’exister autrement que par l’impuissance.




