Selon un nouveau rapport du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), au moins 1 408 personnes ont été tuées et 656 autres blessées entre avril et juin 2026, soit au cours du deuxième trimestre de l’année. Publié le 25 août, ce rapport met en évidence la persistance de la violence armée et la gravité de la crise sécuritaire et humanitaire dans le pays.
Les hommes constituent la grande majorité des victimes, représentant 85 % des personnes tuées ou blessées, contre 11 % de femmes et 4 % d’enfants. À elles seules, les attaques attribuées à des groupes armés représentent 55 % de l’ensemble des victimes recensées au cours de cette période.
La région métropolitaine de Port-au-Prince reste l’épicentre de la violence. 78 % des incidents recensés au cours du trimestre s’y sont produits, notamment à Cité Soleil et dans la Plaine du Cul-de-Sac. Les affrontements entre gangs rivaux dans ces zones ont fait 463 morts et 256 blessés, tandis qu’au moins 176 personnes ont été victimes de viols. Ces violences ont également contraint plus de 18 000 habitants à fuir leur domicile et ont perturbé plusieurs services essentiels, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
En dehors de la capitale, la situation reste particulièrement préoccupante dans l’Artibonite, où se concentrent 17 % des incidents signalés. Les groupes armés y continuent d’étendre leur contrôle territorial, avec des attaques visant notamment les habitants, les membres de groupes d’autodéfense et les agriculteurs. La présence de gangs reste également importante dans la région du Centre, notamment à Mirebalais et à Saut-d’Eau. Des incursions armées ont également été signalées pour la première fois à Séguin, dans le sud-est.
Le rapport met également en évidence les conséquences des opérations menées contre les groupes armés. Plus de 40 % des personnes tuées ou blessées au cours du trimestre ont été touchées par ces opérations. Parmi elles, au moins 95 victimes n’étaient pas associées à des groupes armés. Il convient de noter que neuf personnes, dont six enfants, ont été tuées ou blessées lors d’opérations impliquant des drones explosifs.
La violence a également pris la forme d’enlèvements et d’agressions sexuelles. Au moins 81 enlèvements ont été recensés entre avril et juin, contre 57 au trimestre précédent. Le rapport recense également 796 victimes de violences sexuelles liées aux gangs, dont 772 femmes et 23 filles. Ces actes servent notamment à terroriser les populations, à les punir ou à les forcer à quitter les zones contrôlées ou disputées par des groupes armés.
Face à cette situation, les Nations unies appellent la communauté internationale à maintenir Haïti parmi ses priorités et à accélérer le déploiement complet de la Force de répression des gangs (FRG). Elles encouragent également les autorités haïtiennes à lancer les premières enquêtes menées par des unités judiciaires spécialisées, notamment sur les crimes de masse et les violences sexuelles.
Ces derniers chiffres viennent s’ajouter à un premier trimestre 2026 déjà particulièrement meurtrier, marqué par 1 642 morts et 745 blessés. Si des progrès ont été enregistrés dans plusieurs quartiers de la capitale, l’ONU estime que la protection de la population doit rester au cœur des efforts visant à rétablir une sécurité durable dans le pays.
~ Mackendy Filderice



