Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) dénonce l’extradition de Joseph Félix Badio et des 17 ressortissants colombiens inculpés dans le dossier de l’assassinat du président Jovenel Moïse, estimant que cette démarche porte atteinte à l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Dans une note publiée mardi 22 septembre 2026, l’institution rappelle que lorsqu’un juge d’instruction est saisi d’une affaire, les décisions concernant le déplacement d’un inculpé relèvent de sa compétence. Une demande d’extradition ne ferait pas exception et nécessiterait, selon le CSPJ, l’autorisation préalable du magistrat chargé du dossier.
Le Conseil considère ainsi que le transfert des inculpés, effectué sans l’autorisation du juge d’instruction, constitue une violation des principes constitutionnels garantissant l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Joseph Félix Badio, considéré par les autorités haïtiennes comme un élément central de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse, figure parmi les personnes transférées. Dix-sept anciens militaires colombiens inculpés dans la même affaire ont également été extradés vers les États-Unis.
Le CSPJ, dans sa note, affirme que le respect des compétences du juge d’instruction demeure indispensable au bon fonctionnement de la justice et à la protection de son indépendance.
La prise de position du CSPJ intervient alors que le dossier de l’assassinat du président Moïse continue de faire l’objet de procédures judiciaires en Haïti et aux États-Unis, bien qu’aucune condamnation n’ait jusqu’à présent été prononcée par la justice haïtienne.
Jacky Chéry



