Le gouvernement haïtien a adopté, mercredi 30 septembre 2026, le budget national pour l’exercice 2026-2027, fixé à 401,2 milliards de gourdes. Dans un contexte marqué par l’insécurité, la fragilité des institutions et une situation économique difficile, ce budget entend répondre à plusieurs urgences nationales, notamment la sécurité, les élections, la protection sociale et la relance de l’activité économique.
Parmi les principales priorités figure la poursuite du processus électoral. À cette fin, le gouvernement a alloué 8,6 milliards de gourdes aux dépenses exceptionnelles liées aux activités électorales et au soutien aux partis politiques. Ces fonds sont destinés à couvrir, en particulier, les coûts liés à l’organisation et à la sécurisation des élections, à la logistique, à la communication institutionnelle et au soutien aux entités impliquées dans le processus.
Cette dotation représente une augmentation significative par rapport à l’exercice précédent. Le budget rectificatif 2025–2026 avait alloué 5,9 milliards de gourdes à ces dépenses. Le nouveau budget ajoute donc 2,7 milliards de gourdes, le gouvernement affirmant ainsi son engagement à créer les conditions nécessaires à la reprise progressive du fonctionnement des institutions démocratiques.
Le financement des élections intervient également alors que le pouvoir exécutif alloue des crédits supplémentaires pour assurer le fonctionnement régulier des institutions de l’État. Le Parlement — composé de la Chambre des députés et du Sénat — ainsi que la présidence sont particulièrement concernés. Cette dotation budgétaire est destinée à couvrir les dépenses liées au renouvellement du personnel politique et institutionnel à l’issue des élections.
Le budget 2026-2027 place ainsi les élections parmi les priorités stratégiques du gouvernement, aux côtés de la sécurité publique et de la relance économique. En matière de sécurité nationale et de défense, 73 milliards de gourdes sont alloués, notamment pour la poursuite du programme P-4 000 visant à recruter et à former 4 000 nouveaux policiers, ainsi que pour l’objectif du gouvernement de disposer de 15 000 soldats sur trois ans.
Avec un budget total de 401,2 milliards de gourdes, le gouvernement affirme son intention de trouver un équilibre entre la génération de recettes, les dépenses de sécurité, l’organisation des élections, les investissements et la discipline budgétaire. Le volet électoral constitue donc un élément central du plan financier, conformément à l’objectif annoncé d’un retour progressif au fonctionnement institutionnel normal.
~ Mackendy Filderice



