À Cité-Soleil, la situation sécuritaire et politique continue de retenir l’attention des Nations unies. Dans son rapport publié récemment, le Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti a fait part de ses inquiétudes quant à d’éventuels liens entre certains responsables locaux et des groupes armés opérant dans la commune. Les experts estiment que ces relations pourraient contribuer à maintenir l’influence des gangs sur le terrain.
Ce rapport intervient dans un contexte particulièrement tendu à Cité-Soleil, où plusieurs groupes armés se sont affrontés ces derniers mois. Selon les conclusions des experts, ces violences ont fait plusieurs centaines de morts et de blessés entre mars et juillet 2026, touchant également des personnes n’ayant aucun lien avec les groupes criminels. Les affrontements ont notamment opposé plusieurs factions de Viv Ansanm les unes aux autres dans les quartiers de la plaine du Cul-de-Sac et de Cité-Soleil.
Les experts ont également examiné les institutions locales. Ils ont notamment relevé qu’une nouvelle commission municipale pour Cité-Soleil avait été mise en place le 25 mai, tout en soulignant qu’au moins l’un de ses membres aurait été activement lié à un groupe armé. Pour le Groupe d’experts, ce type de proximité entre les structures institutionnelles et les acteurs armés constitue un risque pour l’autorité de l’État et pourrait permettre aux gangs de maintenir leur influence sur les populations et les territoires.
Cette situation intervient alors qu’Haïti se prépare à un nouveau cycle électoral. Le rapport de l’ONU met plus largement en évidence les risques posés par les réseaux reliant certains acteurs politiques, économiques et de sécurité à des groupes armés. Dans un pays où les conditions de sécurité restent l’un des principaux défis du processus électoral, les préoccupations exprimées concernant Cité-Soleil soulèvent ainsi des questions quant à la capacité des institutions à fonctionner indépendamment de l’influence des gangs.



