Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé, mercredi 14 octobre, de prolonger d’un an le régime de sanctions visant Haïti, maintenant notamment l’embargo sur les armes, les restrictions de voyage et le gel des avoirs des personnes et entités désignées. La résolution, présentée par les États-Unis et le Panama, a été adoptée par 14 voix, tandis que la Russie s’est abstenue.
La décision intervient alors que les groupes armés continuent de représenter une menace majeure pour la sécurité et la stabilité du pays. Elle reconduit les mesures mises en place par le Conseil de sécurité en octobre 2022 pour cibler les personnes impliquées dans des activités menaçant la paix en Haïti, ainsi que celles qui soutiennent les réseaux criminels et le trafic d’armes.
Le dispositif prévoit notamment le gel des avoirs financiers des personnes et entités inscrites sur la liste des sanctions, l’interdiction de voyager à l’étranger et des restrictions sur la fourniture d’armes à Haïti. L’embargo a été élargi en octobre 2023 pour couvrir l’ensemble du territoire, avant que son champ d’application ne soit précisé et renforcé par des résolutions ultérieures. Des exceptions permettent toutefois certains transferts d’armes et formes d’assistance destinés aux autorités haïtiennes lorsqu’ils visent à contribuer à la paix et à la sécurité du pays.
La résolution adoptée mercredi prolonge également de treize mois le mandat du Groupe d’experts chargé d’appuyer le comité des sanctions. Ce mécanisme est notamment chargé d’enquêter sur les violations des mesures internationales et de documenter les circuits d’approvisionnement en armes ainsi que les réseaux financiers qui soutiennent les groupes armés.
Le régime de sanctions vise aussi les personnes susceptibles de financer les gangs ou de leur fournir un soutien matériel, logistique ou financier. Il peut également concerner les acteurs impliqués dans des violations graves des droits humains, le trafic d’armes ou des activités criminelles contribuant à déstabiliser le pays.
À Washington, la représentante permanente adjointe des États-Unis auprès de l’ONU, Jennifer Locetta, a présenté le vote comme un signal de soutien de la communauté internationale au peuple haïtien. Le représentant du Panama, Eloy Alfaro de Alba, a pour sa part souligné que la responsabilité internationale ne s’arrêtait pas à l’adoption de la résolution, compte tenu des multiples dimensions de la crise.
Le renouvellement des sanctions maintient ainsi un instrument de pression diplomatique et financière contre les acteurs qui alimentent l’insécurité en Haïti. Son efficacité dépend toutefois de l’application des mesures par les États membres et de leur capacité à repérer les flux d’armes et d’argent destinés aux groupes armés, alors que la crise sécuritaire continue de peser sur la population et le fonctionnement des institutions nationales.
Jacky Chéry




