Mirline Dorvilier Métellus a pris publiquement la défense de son époux, Jean-Monard Métellus, dénonçant ce qu’elle considère comme des accusations « profondément injustes » à son encontre et rappelant les sacrifices consentis, selon elle, par son mari et sa famille au cours de plus de trois décennies d’engagement envers Haïti.
Dans une lettre ouverte datée du 9 juillet et adressée symboliquement à Haïti, Mme Dorvilier Métellus revient longuement sur le parcours de son mari, qu’elle présente comme un homme ayant consacré une grande partie de sa vie à la défense de ses convictions et à la recherche d’un changement dans son pays.
« Je ne demande ni privilège ni faveur », écrit-elle. Elle dit souhaiter que son époux soit considéré « avec justice, avec honnêteté et avec la mémoire de tout ce qu’il a donné ».
Son témoignage met également en lumière le coût personnel de cet engagement. Selon elle, Jean-Monard Métellus a passé une grande partie de sa vie loin de sa famille pour poursuivre ce qu’il considérait comme une mission envers Haïti. Pendant ces longues périodes d’absence, elle affirme avoir assumé seule une grande partie des responsabilités liées à l’éducation de leurs enfants.
Elle raconte notamment avoir abandonné ses études universitaires et mis de côté certains projets afin de pouvoir s’occuper de la famille pendant les absences de son mari.
« J’ai été, à la fois, la mère et le père », écrit-elle, évoquant les anniversaires, les activités scolaires, les rencontres à l’école et les compétitions sportives de leurs enfants auxquelles son époux n’a pas toujours pu assister.
Selon son récit, ces sacrifices étaient toutefois assumés avec la conviction que l’engagement de Jean-Monard Métellus pouvait contribuer à l’émergence d’une Haïti différente. Elle affirme qu’il ne recherchait ni les honneurs ni les privilèges, mais souhaitait participer à la construction d’un pays plus juste.
Des problèmes de santé l’ont finalement contraint à se retirer, précise-t-elle.
La lettre prend une tonalité plus critique lorsqu’elle aborde les accusations auxquelles son mari est aujourd’hui confronté. Sans détailler dans son texte l’ensemble des griefs formulés contre lui, Mirline Dorvilier Métellus affirme avoir du mal à comprendre que celui qui, selon elle, a consacré plus de 30 ans au pays puisse désormais faire l’objet de ce qu’elle considère comme de l’ingratitude, de la haine ou de la vengeance.
« Comment peut-on consacrer plus de trente ans de sa vie à une nation et voir, un jour, son dévouement remis en question? », demande-t-elle.
Elle rejette l’idée que les années de service de son mari puissent être effacées par les controverses actuelles. Elle appelle ainsi à ne pas laisser « les divisions, les intérêts personnels » ou « les querelles politiques » faire oublier, selon elle, ceux qui ont choisi de servir le pays au prix de sacrifices personnels.
Au-delà de la défense de son époux, la lettre se présente également comme le témoignage d’une femme qui affirme avoir vécu directement les conséquences de cet engagement.
« Derrière chaque grand serviteur de ce pays, il y a souvent une femme, des enfants, une famille qui, dans l’ombre, ont eux aussi payé le prix de cet engagement », écrit-elle.
Mirline Dorvilier Métellus conclut son texte par un appel à la mémoire collective, demandant à Haïti de ne pas oublier « ceux qui ont cru en toi ».
La lettre intervient alors que Jean-Monard Métellus fait face à des critiques et à des accusations que son épouse juge injustifiées. Son témoignage apporte ainsi une dimension personnelle et familiale à une controverse dont la portée et les faits précis devront être examinés séparément des affirmations contenues dans cette lettre.
Jacky Chéry




